LUMIERES SUR....

MARTINE DUCLOS
Les Bénéfices de l'activité physique : enjeux de santé, challenges scientifiques
Martine Duclos est Chef du Service de médecine du sport et d'explorations fonctionnelles ainsi que Professeur de physiologie médicale au CHU Gabriel Monpied à Clermont Ferrand. C'est là, et à partir de là, qu'elle se consacre à promouvoir l'activité physique en santé dans le champ des soins, de la formation des soignants et de la recherche, avec autant de dynamisme que de conviction.
Mobile, elle a fait ses études de médecine à Rennes puis s'est spécialisée en endocrinologie et diabétologie comme Interne puis Chef de clinique à Bordeaux. Sportive depuis toujours, elle s'implique alors dans l'étude de l'adaptation hormonale à l'exercice, adaptation perturbée chez les obèses sédentaires. Puis, après une formation complémentaire en physiologie humaine et animale à Montréal puis à Québec, elle va concentrer sa recherche sur le métabolisme du muscle, acteur majeur de l'effet hypoglycémiant de l'exercice.
A Clermont Ferrand, elle met sur pied dans l'hôpital, il y a 4 ans, une structure de prise en charge des maladies chroniques sensibles à l'exercice (diabète type 2, obésité, maladies respiratoires, prévention cardio-vasculaire, cancers en rémission) avec un programme de remise à l'activité de quatre mois puis un suivi personnalisé sur les pratiques régulières. Pour coller au terrain, elle conduit parallèlement en Auvergne une enquête en pratique libérale sur les obstacles rencontrés ou perçus par médecins et patients pour s'engager dans une activité physique.
Son apport national (et international) est soutenu : enseignements, conférences, congrès pour sensibiliser aux bénéfices préventifs de l'exercice bien démontrés, pour actualiser les méthodes de mise en pratique (motivation, aptitude, intensité, sécurité, etc...) ainsi qu'expertise auprès des commissions officielles concernées par le sport santé.
Deux de ses responsabilités actuelles lui tiennent particulièrement à coeur : l'élaboration de recommandations aux professionnels pour l'activité physique des diabétiques de type 2 comme soutien à une large prescription par les praticiens, sous l'égide de la Société francophone du diabète ; les travaux de la Société française de médecine de l'exercice et du Sport afin de renforcer la recherche.
Comme Martine Duclos le rappelle volontiers, la démonstration des bénéfices de l'activité physique par l'étude de populations malades ou à risque a précédé la connaissance de leurs mécanismes. Plus d'information est indispensable pour mieux définir les conditions et les critères d'efficacité, de leur persistance dans le temps et pour identifier les facteurs en cause voire de nouveaux traitements potentiels.
" Lorsque j'ai débuté ma recherche sur ces mécanismes, l'activité physique n'était pas considérée comme un thème suffisamment scientifique pour justifier d'un financement public : il fallait la raccrocher à une maladie (obésité par exemple) alors que ce sont plusieurs systèmes qui sont concernés. Ce regard change; heureusement !"